CM du 15 octobre 2016 Accueil des migrants en provenance de zones de guerre, un impératif humanitaire,

Mes chers collègues,
Nous approuvons cette délibération. Comment pourrait-il en être autrement.
Voici un peu plus d’un an, le 11 septembre 2015, nous vous adressions un courrier afin que, dans le contexte de l’appel d’Angela MERKEL, notre commune adhère au réseau de villes pour l’accueil des réfugiés.
Nous sommes donc heureux que ces propos soient aujourd’hui partagés par tout ce conseil municipal.
Le sujet qui nous réunit, c’est, comme le dit une partie de la délibération: Acceptons-nous de participer à l’action du gouvernement, pour démanteler totalement les campements de Calais et nous montrer solidaires de la Maire de Calais et des habitants de cette région ?
Mais d’abord, laissons libre cours à la compassion que nous devons à ces pauvres gens tabassés par la privation de liberté, la violence, les génocides, survivants de l’enfer, et qui parvenus au péril de leur vie dans la Patrie de Droits de l’Homme, se voient confrontés au refus, à la xénophobie et au racisme.
Bien sûr, leur accueil nécessite un peu de pédagogie et justifie cette séance extraordinaire du Conseil Municipal.
Le rédacteur de la délibération a convoqué les mânes de TOCQUEVILLE.
Puis-je en appeler à l’expression d’un auteur-chroniquer plus contemporain qui nous dit « que c’est seulement dans l’effacement de soi que l’on peut par empathie, percevoir la réalité de l’autre. »
Gardons-nous de l’emphase et de la grandiloquence et gardons nous de chercher à magnifier nos images personnelles, en mobilisant de grandes idées générales peu adaptées à la situation.
Quand on demande aux vrais « justes » pourquoi ils ont fait preuve d’autant d’humanité au milieu de si réels dangers, ils répondent tout simplement: « Parce que je ne pouvais pas faire autrement. »
Retenons l’essentiel de cette délibération, ce qui nous rassemble avec le collectif dans un bel élan d’humanité et de générosité.
Retenons aussi que la commune de SAINT ETIENNE de BAÏGORRY, a su, tout simplement et sans tapage, même si l’actualité la met sur le devant de la scène maintenant, avec toute la modeste pudeur qui sied à ce type de situation, accueillir 46 migrants au milieu de ses 1600 habitants. Après avoir accueilli près de 200 Bosniaques voici plus de 20 ans.
Grâce à la générosité de la population, grâce à l’opiniâtreté d’une association. Oloron n’est dépourvue ni de l’une ni de l’autre. Si le sens de l’accueil est constitutif de l’ADN de notre cité, c’est le moment de le démontrer et de nous distinguer de la mesquinerie et de la sordidité de certains discours décomplexés, à BEZIERS et ailleurs.
Car pour le reste, quand on voit ce qu’est devenu sous nos yeux l’impératif humanitaire d’accueil des réfugiés en Europe, et particulièrement en France, quand nous comparons nos propos, y compris ceux de cette délibération, avec la réalité des actes de nos milieux politiques respectifs, nous devrions tous ici baisser les yeux. Et nous cacher sous cette table.
Nous le voyons tous les jours, toute la journée à longueur des programmes des chaines d’infos en continu,
Nous le voyons dans les sondages, nous le voyons dans les publications qui se vendent le mieux,
Nous le voyons dans les débats politiques, dans une surenchère électoraliste cynique, désormais ce sont les reflexes de peur, de craintes, de repli sur nos ignorances, attisés par certains partis, qui sont en train de nous condamner à renoncer à ces grands principes. Et nous continuons a faire semblant de vouloir les mettre en œuvre.
Regardez comment, de partout est venu ce lâche soulagement devant les récentes défaites électorales d’Angela MERKEL, qui a payé cher sa persévérance à prôner l’accueil.
Ce revers électoral a procuré un sentiment de punition méritée pour elle qui pourtant, qu’on le veuille ou non, a réellement mis les valeurs de notre culture Européenne à l’Honneur devant ce drame absolu.
Alors si comme je l’ai aperçu dans certains mails, certains voudraient faire de cette délibération « un appel d’Oloron » indignons nous aussi et d’abord des positions politiques qui rabougrissent nos sentiments d’humanité, d’altruisme et de solidarité.
Demandons que notre Pays prenne une plus juste part que le ridicule quota de 30 000 réfugiés et acceptons d’en assumer les conséquences.
Si il est vrai qu’autour de cette table beaucoup d’entre nous descendent de ceux que la guerre ou la misère ou les deux d’ailleurs, avaient conduits dans notre ville, retenons les contextes incomparables, et acceptons lucidement le fait que autour de cette table nos partis politiques respectifs ne se montrent pas à la hauteur, ni de la situation actuelle ni, pire, de celles qui vont venir.
Ceci dit, bienvenue aux 25 migrants qui séjourneront ici quelques mois, j’espère que notre commune saura dégager quelques moyens pour aider les actions du collectif local et soutenir toutes les bonnes volontés.
En tous cas sachons faire en sorte que quel que soit leur avenir, ils gardent tous le meilleur souvenir de leur séjour en Haut Béarn.
Les Basques l’ont fait alors nous le ferons aussi.

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