ABEROUAT, BELAROUAT, Montagne et Pédagogie de la découverte.

 

Nos écoliers vont moins à la montagne que leurs prédécesseurs

Samedi, alors que tombaient les premiers flocons, au refuge de l’Abérouat  à LESCUN, Navarrais et Béarnais ont célébré le projet BELAROUAT, un projet qui valorise deux espaces pyrénéens dans leur dimension pédagogique et touristique.

BELAROUAT est en effet la contraction des noms de deux refuges pyrénéens: l’ABEROUAT à LESCUN et BELAGUA en NAVARRE.

Ce projet est soutenu par le POCTEFA : Programme Européen de Coopération territoriale créé pour promouvoir le développement durable du territoire frontalier entre les trois pays: l’Espagne, la France et Andorre.

Le Préfet des Pyrénées Atlantiques, Alain ROUSSET, président de la Région Nouvelle-Aquitaine entouraient pour la circonstance le Maire de LESCUN, la Ligue de l’Enseignement et la Fédération Navarraise des Sports de Montagne et d’Escalade gestionnaires des deux sites.

Ce fut l’occasion pour rendre hommage aux pionniers qui avaient il y a plus de soixante-dix ans requalifié ce bâtiment pour que les écoliers de l’époque y découvrent les joies et les exigences de la Montagne.

Des précurseurs qui dès les années d’après-guerre amenaient les enfants des Vallées pratiquer le ski, la randonnée dans une conception innovante de l’éducation physique au plus près de la nature.

 C’est à l’Abèrouat que naquit durant l’hiver 47/48 la 1ère classe de neige française, fréquentée par des écoliers de TARDETS! 

Je ne saurais trop vous recommander la lecture de Montagne sociale, un ouvrage de référence écrit et illustré à plusieurs mains et qui raconte l’épopée de ces instituteurs montagnards et militants qui transformèrent l’utopie en réalité : « faire découvrir la montagne, été et hiver, aux gosses, aux ouvriers, aux gendarmes… »

« Ansabère, un siècle de conquêtes » l’ouvrage très documenté des frères Ivan et Boris THOMAS, les petits fils de Jean DUTECH, l’un de ces pionniers, est aussi un précieux témoignage de l’engagement sans limites de ces immenses serviteurs de l’école républicaine.

Les statistiques nous démontrent que la pratique quatre saisons de la montagne par les écoliers de nos vallées et du Piémont est minimale, freinée par les coûts des déplacements et les exigences administratives et sécuritaires.

Il est grand temps de convoquer les mannes de Barrio, de Dutech, de Darrière et de tant d’autres qui se sont succédés pour bâtir et animer ces refuges pour que ces sites accueillent à nouveau nos écoles. 

Le refuge de l’ABEROUAT  et le Chalet de PEYRANERE ont cette capacité et leurs gestionnaires proposent des modèles économiques qui tiennent la route.

À condition que les collectivités choisissent de consacrer quelques moyens pour aider les familles à supporter les coûts des classes de neige, d’automne ou de printemps.

 C’est à cette condition que 80% des enfants de nos communes qui se contentent de regarder passer les touristes vers la montagne pourront eux aussi en goûter les plaisirs et bénéficier de son grand intérêt pédagogique.