C’est la rentrée ! A vos agendas !

Une réunion ouverte aux oloronais et haut-béarnais a été organisée au début de l’été à l’initiative du groupe des élu-e-s de l’opposition du Conseil Municipal d’OLORON SAINTE-MARIE. La période estivale s’achève, le temps est maintenant venu de donner suite à cette première rencontre.

Un grand merci à Sylvie et à son équipe pour la mise à disposition de la salle du 6ème Continent. La réunion a d’ailleurs rapidement débordé sur la terrasse puisqu’une centaine de personnes étaient présentes !

A noter l’absence de Robert BAREILLE qui depuis nous a malheureusement quittés.

Nous vous proposons ci-dessous le compte rendu détaillé de ce premier rendez-vous.

Trois élus de l’opposition municipale ont introduit la réunion :

 Aurélie Giraudon-Muñoz annonce qu’il ne s’agit pas de parler de liste et de candidature, mais de mettre des idées en commun pour élaborer une base de travail qui s’appuie sur des valeurs communes de gauche progressiste.

Marie-Lyse Bistué apprécie le nombre de présents à cette réunion, personnes connues ou pas, et dont la plupart ont des responsabilités associatives. Le but de la réunion est de tracer des orientations pour l’avenir à Oloron, la base de travail pourra être affinée en mettant en place des réunions à thème.

Bernard Uthurry explique que les moyens d’action des collectivités locales ne vont pas en s’améliorant. Il souhaite que la discussion s’oriente vers une logique de projet de co-construction plutôt que vers une logique de gestion. Il ne faut pas oublier l’intercommunalité dont les compétences sont de plus en plus étendues.

Une centaine de participants ont donc échangé deux heures durant dans le respect des règles proposées par Anne SAOUTER l’animatrice et modératrice de la soirée. Il ne s’agissait pas de dresser le bilan du mandat actuel mais de recueillir la parole spontanée des participants dans la perspective de la Co Construction d’un Projet pour la Commune d’OLORON SAINTE-MARIE et pour la COMMUNAUTE des COMMUNES DU HAUT BEARN (CCHB), la parole circule – 5 minutes maximum par intervenant après présentation de leur prénom.

Les prises de paroles ont porté sur les domaines suivants et ont le plus souvent donné lieu à débat :

CITOYENNETE & DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

  • Serge se présente comme un participant à la constitution d’une « Liste citoyenne », liste publiquement déclarée depuis. Que peut-on changer dans cette ville ? On ne peut pas continuer à fonctionner avec des élus déconnectés de la réalité de la vie des habitants (exemple du compteur Lynky). Il faut instituer une concertation permanente des élus avec les citoyens.
  • Sami propose un des axes de la future équipe municipale : le budget participatif et l’habitat participatif. Des communes ont expérimenté ce processus de démocratie participative dans lequel des citoyens peuvent affecter une partie du budget de leur collectivité territoriale.
  • Joël demande des précisions concernant l’habitat participatif. Une discussion s’engage, le concept à vrai dire est encore un peu flou… il ressort de la discussion que s’il revêt des formes diverses, le but est de mettre en commun un projet immobilier (construction, rénovation de l’ancien).
  • Sébastien donne l’exemple de Dîme, ville dans laquelle une expérience novatrice avec des espaces partagés, dans le but par exemple de mieux gérer les dépenses d’énergie.
  • Pour information, Jésus annonce une journée portes ouvertes dans « un éco lieu des près » à Estialescq. Elles seront organisées le 21 septembre.
  • Bernard remarque que cette notion de « partage » existe déjà avec les véhicules (covoiturage). Il pense que les jeunes sont moins centrés sur la notion de propriété individuelle, ils sont sensibles aux problèmes liés à l’environnement et sont de plus en plus éco-responsables.
  • Raymond, par son expérience, admet que la fonction d’élu est difficile mais quelles que soient leurs étiquettes politiques, ils ont essayé d’aller vers les citoyens, on ne peut pas tout jeter, comme c’est la mode aujourd’hui. Les élus ont bataillé pendant des années.
  • Jésus confirme mais l’urgence sociale et climatique ne permet plus aux élus de se cantonner uniquement dans un rôle de gestionnaire. Souvent, la gestion de la commune est trop compliquée et trop technique pour la plupart des habitants. Il faut sortir du système classique (commissions) et trouver des outils novateurs qui permettent d’associer les habitants aux projets communaux. Des solutions collectives en coopération avec les élus s’appuieraient sur les associations, syndicats etc… et permettraient d’utiliser les ressources humaines et naturelles locales pour un mieux vivre des oloronais.
  • Vincent pense qu’il faut éviter de s’enfermer dans un débat où tout se réglerait dans la ville. L’élu doit aussi assumer un rôle de porte-parole des revendications locales auprès des responsables de l’état. (Santé-maternité, Education)
  • Aurélie souhaite que l’on traite des sujets tels que le sexisme et la misogynie, certains comportements ont la vie dure. L’obligation de la parité dans les assemblées n’a pas encore permis d’effacer de vieux réflexes archaïques dégradants à l’égard des femmes.

SOCIAL

  • Vincent estime que les associations d’insertion, perçues comme des régulateurs sociaux, doivent être aidées financièrement et matériellement afin de favoriser l’emploi et avoir un agent qui permettrait à tous les usagers de connaitre les droits auxquels ils peuvent prétendre. Le non-recours aux droits est pointé comme résultat d’une honte sociale.
  • Marie-Lyse précise que l’accès au droit est permis par le CCAS et la SDSEI.
  • Jésus se demande comment encourager l’articulation de tous les acteurs de la solidarité, de l’insertion (différentes institutions et associations) afin qu’un travail commun puisse être mené, même si les décideurs sont différents et donc les orientations aussi. Comment prendre en compte l’accueil d’urgence des femmes et des jeunes de moins de 25 ans ?
  • Jeanine précise que nous avons un bel héritage d’anciens élus et notamment de Henri LACLAU qui a créé de nombreux logements et de nombreux services pour tous les âges de la vie, à Oloron.

ENVIRONNEMENT

  • François souhaite l’amélioration de la mobilité collective et notamment des relations Oloron-Pau et Oloron-Espagne grâce au train.

Il souhaite également que la circulation des vélos et des piétons dans la ville soit améliorée, une discussion entre plusieurs intervenants s’engage. Des idées ont été proposées : de vraies pistes cyclables, des aires de stationnement pour les vélos.

  • Joëlle propose d’expérimenter un « pédibus » notamment pour les scolaires même si cela a déjà été mis en place il y a quelques années sans succès. Cela doit faire l’objet d’un projet global sur l’ensemble de la ville
  • Pour un autre intervenant, les centaines de logements privés vacants de nos villes – souvent de véritables passoires énergétiques – devraient être réhabilités avec le concours de fonds publics, à l’image des opérations façades, ce qui prendra du temps. Il faudra développer l’accès à l’habitat près des centres villes afin de limiter les déplacements des résidents. Prévoir des constructions aérées avec des terrains qui pourraient être partagés, des jardins ouvriers.
  • Louis soulève le problème d’accessibilité pour tous. Il faut prévoir dans les services et espaces publics (voirie) des aménagements pour que les personnes à mobilité réduites puissent en bénéficier comme les autres.

 EDUCATION

  • François pense que trois petites écoles de quartier sont susceptibles de disparaitre au détriment du bien-être des enfants et de la population. Les écoles de quartier permettent une plus grande proximité avec les familles ainsi que l’équilibre et l’animation de la ville.
  • Marie-Lyse rappelle le contexte de la politique éducative à Oloron. La décision du maire de faire payer une participation aux familles des petites communes du territoire dont les enfants sont scolarisés à Oloron a eu, en grande partie, pour conséquence la baisse des effectifs des écoles publiques oloronaises au bénéfice des écoles privées (le chiffre de 175 élèves est avancé). Un comité de pilotage se réunit depuis quelques mois pour la réorganisation des écoles primaires à Oloron et prend ainsi en compte la perte d’effectif. Organiser la carte scolaire c’est aussi favoriser la mixité sociale qui fait défaut dans certains groupes scolaires.
  • Bernard estime que l’école n’a plus le monopole de l’acquisition des savoirs, les enfants ont d’autres moyens d’apprendre, cela creuse les inégalités et l’école ne joue plus l’ascenseur social. Les établissements scolaires doivent être des carrefours entre l’éducation et les citoyens.
  • Serge souhaite développer le manger bio et local dans les écoles primaires en se rapprochant des maraichers, en créant une légumerie avec des associations d’insertion. Il est rappelé que les repas des écoles d’Oloron sont préparés par la cuisine centrale de l’hôpital et sont gérées par le Groupement d’Intérêt Public auquel la communauté de communes du Haut Béarn a adhéré.
  • Marie-Lyse rappelle que les collèges sont engagés dans un mode d’approvisionnement en bio et surtout circuits courts. Il suffirait de copier-coller le mode de fonctionnement institué par le conseil départemental et de permettre également la formation des cuisiniers afin de limiter le gaspillage à l’image de l’opération portée par le Département au sein des collèges pour mieux maîtriser le prix des repas.

SANTE

  • Michel estime que la mobilisation s’impose face au risque réel de désertification médicale. La précarité nuit à la santé, plus particulièrement des personnes fragiles : les enfants et les personnes âgées. Une meilleure coordination des intervenants dans ce domaine est souhaitée. (Les élus détaillent quelles sont à cet égard les actions directes des municipalités comme le Centres Communaux d’Action Sociale et indirectes via le financement des structures ou associations dédiées)
  • La fermeture de la maternité d’Oloron, a été abordé par Vincent qui affirme la nécessité de continuer le combat pour que le territoire soit à nouveau doté de ce service.
  • Pierre demande d’expliquer comment s’organisent les pouvoirs publics autour de ce service et quelles sont leurs marges de manœuvre.
  • Bernard répond que la santé est régie par l’ARS, dépendante du Ministère de la Santé. Il faut porter la parole du peuple certes mais on attend de nos députés qu’ils votent la formation d’un plus grand nombre de médecins et surtout qu’ils ne se concentrent pas sur les régions plus attractives que la nôtre.

 

VIE POLITIQUE

  • Maïté rappelle que le contexte politique national est dramatique pour les plus faibles. Une partie de la population oloronaise est en dessous du seuil de pauvreté. La situation préoccupante des personnes âgées et des enfants est soulignée Nous devrons permettre à ceux qui sont le plus éloignés, isolées, à avoir des informations, à pouvoir donner leur point de vue. (Personnes âgées, personnes n’ayant pas accès au numérique). Au regard de la politique nationale, la précarité risque d’augmenter, même à Oloron, il faudra être proche d’eux et à l’écoute.
  • André pense que voter pour des élus ne les rend pas responsable de tout ce qui se joue localement. Parallèlement, la population devrait rester mobilisée sur l’actualité locale. Or, lorsque des services, des salariés, des écoles, etc…se mobilisent pour garder un service public de proximité, il n’y a pas beaucoup de citoyens à leurs côtés. Les élus ont un rôle à jouer, mais sans soutien de la population, cela aura peu d’impact.
  • Joël relève l’importance de l’intercommunalité, il estime qu’Oloron a tout à perdre des relations détestables qui existent aujourd’hui entre la ville centre et la communauté des communes.
  • Bernard confirme que Les pouvoirs se déplacent de plus en plus de la commune vers la communauté de communes du Haut Béarn. Cette réalité n’est tout simplement pas perçue par les citoyens, le maire restant le personnage le plus connu des habitants. Il faudra effectivement tisser un lien étroit entre ville et communauté des communes.
  • Aurélie explique l’organisation actuelle de la communauté des communes et la manière dont les élus Oloronais sont complètement exclus de cette collectivité. Certaines décisions se prennent au sein du « conseil des maires », auxquels les délégués, simples conseillers municipaux, ne sont pas associés.
  • Raymond regrette la taille des intercommunalités de plus en plus grandes. Comment le citoyen peut-il intervenir ?
  • Jean-Marc habitant une commune voisine d’Oloron souhaite que des relations apaisées permettent de construire un projet entre villages et ville centre.

Deux sujets ont été abordés sans avoir pu être développés :

  • La culture (Raymond)
  • Positionnement face au tout numérique (Joëlle)

Bien sûr tout n’a pas pu être abordé de manière détaillée au cours d’une seule soirée.

Les thèmes qui se dégagent de ces échanges et dont nous proposons qu’ils fassent l’objet de travaux en ateliers en septembre portent majoritairement sur :

  • La démocratie et la place du citoyen dans l’action publique, la place et le rôle de l’élu.
  • RV le mardi 10 septembre au 6ème continent à 20 heures. Salle1

 

  • L’Education dans nos écoles et le concours des structures associatives d’éducation populaire, culturelles et sportives.
  • RV le mardi 10 septembre au 6ème continent à 20 heures. Salle 2

 

  • La Santé par la médecine et la préservation de l’environnement.
  • RV le mardi 24 septembre au 6ème continent à 20 heures. Salle 1

 

  • L’aménagement de la ville et du territoire
  • RV le mardi 24 septembre au 6ème continent à 20 heures. Salle 2

La justice sociale et environnementale sera le fil conducteur à tous les thèmes.

Nous vous souhaitons une bonne rentrée et espérons vous retrouver nombreux pour ces prochains rendez-vous.

A très bientôt !!