Rentrée scolaire à OLORON, l’avenir de nos écoles s’assombrit.

Deux postes d’enseignants avaient été supprimés au mois de juin. Deux autres viennent de l’être au lendemain de la rentrée. Le Directeur Académique a confirmé définitivement ses décisions aujourd’hui, par courrier, balayant ainsi nos derniers espoirs.

Quel est le constat à Oloron ? Comment en sommes-nous arrivés à cette situation alors que les communes voisines conservent très souvent leurs classes ?

Le nombre des élèves scolarisés dans les écoles publiques d’Oloron a chuté vertigineusement : 207 élèves en six ans. Il faut donc rechercher ailleurs que dans la baisse démographique les raisons d’un tel désastre. Lors d’une précédente rentrée, le maire imputait la perte continue du nombre d’élèves à sa politique d’urbanisme, en invoquant les zones inconstructibles en raison des nombreuses zones inondables. La majorité municipale avait les moyens de revoir ce zonage comme d’autres communes l’ont fait avec succès.

Le maire évoquait également la fiscalité locale moins pesante dans les communes voisines qui de ce fait seraient plus attractives. Il aurait dû y penser avant de supprimer tous les abattements fiscaux, mesure qui depuis 2015 a contribué à une ponction supplémentaire historique et sans discernement dans tous les foyers oloronais.

Les raisons de la perte continue des élèves sont en grande partie dans la rupture de l’entente avec les communes voisines dont certains enfants fréquentaient les écoles d’Oloron pour des raisons pratiques et réciproquement. Pratiquement aucun enfant des communes voisines n’est désormais scolarisé dans les écoles publiques d’Oloron alors que des enfants d’Oloron continuent pour des raisons familiales ou autres à fréquenter les écoles voisines.

Cette rupture imposée en 2014 par le maire sur un coup de colère et votée à l’unanimité du groupe majoritaire fut l’élément moteur de la chute des effectifs. Nous nous y étions opposés et avions anticipé dès 2014 la réalité d’aujourd’hui.

Ainsi, le seuil de fermeture est atteint et les possibilités de recours improbables ce qui ne doit pas conduire à baisser les bras mais au contraire à revendiquer au plan national que les services publics fassent l’objet d’une considération dérogatoire dans les secteurs en danger.

Les raisons se trouvent aussi dans l’incohérence de l’action publique locale et dans l’inaptitude de la majorité municipale à trancher en faveur de la densification de la ville. Une autre politique de l’habitat s’impose pour remplir les centaines de logements vacants dont il faut accompagner la requalification. C’est un travail de longue haleine et pas une gesticulation de fin de mandat qu’il faut démarrer au plus vite. C’est l’unique alternative pour que vivent les villes centre et que l’activité commerciale y retrouve sa place.

Pour nos écoles la pente est glissante ; il est fort à craindre qu’à la fermeture des classes succède la fermeture d’écoles dans nos quartiers. Cette situation impose un vrai défi pour les prochaines années, le défi de l’attractivité de la Ville. Et il n’y a pas un jour à perdre pour relever ce défi.